Running Bond, Morgane Tschiember, Exposition « De leur temps » de l’ADIAF à la HAB Galerie (Nantes)

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Explication du mortier rose : Lorsque l’on conçoit quelque chose les éléments qui servent à la construction sont généralement cachés, ici le liant est au contraire révélé et mis à nu. L’artiste va créer un détournement en le mettant en rose pailleté pour interpeller et développer la curiosité du visiteur ainsi que son questionnement. Ce que l’on nomme des défauts et des contraintes est ici visible et utilisé pour développer la relation physique à l’œuvre.

Il faut savoir que Morgane Tschiember défini son œuvre comme une sculpture. Sculpter c’est créer une œuvre d’art à 3 dimensions par tout procédé avec un travail de la forme, la couleur, la matière. Pour l’artiste sculpter c’est le moyen d’étudier la relation entre les objets et les lieux, en essayant toujours de mettre en valeur les deux et d’offrir au visiteur une expérience artistique. Le visiteur devient alors acteur.

Première chose que l’artiste veut transmettre est la question de nous-même, notre corps, on est là au milieu de cet espace d’exposition et c’est nous qui allons percevoir ce qu’il se passe autour de nous et notamment percevoir ce volume que l’artiste a posé à cet endroit particulier (situé au milieu du passage, on est obligés de le contourner, il est posé là précisément pour qu’on soit confronté à ce volume). C’est ensuite que se pose la question de comment développer le rapport entre volume et espace. Et donc avec cette œuvre, elle interroge l’espace en explorant constamment la relation physique à l’objet.

On peut rajouter que le terme exposer c’est en quelque sorte organiser la rencontre d’un corps et d’un objet.

C’est donc à travers tous ces rapports : rapport de la peinture au volume, du visiteur au volume, du volume à l’espace, que le travail de cet artiste repose. Chaque espace a ses spécificités et l’œuvre comme le corps doit trouver sa place.

À chaque exposition Running Bond prend un nouvel agencement en fonction du lieu dans lequel l’œuvre s’inscrit.

Ici, Morgane Tschiember a décidé de modifier l’environnement existant en murant l’accès et en laissant juste un petit passage. L’accès est réduit laissant le passage que pour quelques personnes.

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Performance for 9, Lili Reynaud-Dewar (2011)

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Lors de l’exposition « De leur temps » à la HAB Galerie à Nantes. Je me suis intéressée à une oeuvre de Lili Reynaud-Dewar qui s’intitule Performance for 9. À première vue ce qui peut nous interpeller est la relation entre un support en 2 dimensions et l’objet en 3 dimensions. Cette relation peut être expliqué par le fait que dans le support en 2D l’artiste va en quelque sorte expliquer l’environnement et l’objet en 3D va prendre place dans cet environnement. C’est cette diversité de supports qui intéresse l’artiste. Elle explique même qu’en lien avec cette œuvre, elle a fait une vidéo. C’est cet ensemble de supports qui crée l’œuvre et qui est considéré ici comme une.

Je vais développer ce terme de performance qui est le point commun de nombreuses œuvres de cet artiste. Une performance est une sorte d’expérience. Cette initiative artistique est un concept qui s’inscrit dans un mouvement d’art contextuel. C’est une orientation de l’art contemporain au sein de laquelle les artistes vont chercher à sortir des lieux d’exposition et de ses formes traditionnelles pour interagir avec un environnement social, politique, du quotidien.

« Performance pour des Nombres » est le titre pour une série d’œuvres associées à des textes, des petites sculptures fonctionnant seules et des accessoires. Ces petites sculptures de nombre sont personnifiées. Les textes décrivent le fonctionnement pour un ou deux interprètes impliquant une sculpture de nombre et quelques accessoires. C’est en fait la description de comment on interagie, nous spectateur avec ce qui est présent devant nous. Les actions décrites sont une mise en scène des relations plus ou moins physiques entre l’interprète (spectateur) et la sculpture/objet.

Le travail de Lili Reynaud-Dewar se développe autour de la notion d’identité culturelle. Elle crée des liens entre sa position d’artiste et celles de différentes figures mythiques du combat pour l’égalité raciale et des revendications identitaires, et tisse entre elles des relations formelles, fictionnelles ou symboliques. C’est avec cette relation que l’on peut justifier par exemple les accessoires situés sur la sculpture.

Il y a un livre d’architecture étudiant la maison qu’Adolf Loos (défenseur du dépouillement intégral dans l’architecture moderne) avait conçue pour Joséphine Baker (est souvent considérée comme la première star noire et utilise sa grande popularité dans la lutte contre le racisme et pour l’émancipation des noirs). Cette maison n’a jamais été construite.

Wrapped Trees, Christo et Jeanne-Claude (1998)

christo-treeLe travail de ce couple d’artistes m’a interpelé. Chaque oeuvre est impressionnante dans la mise en forme comme dans la grandeur. Ce que je trouve intéressant c’est le fait de réaliser des oeuvres totalement éphémères qui durent peu de temps. Il y a un contraste : les oeuvres ne restent pas longtemps et pourtant elles sont réalisées à une échelle impensable parfois.

Ici pour cet exemple, Christo et Jeanne-Claude ont empaqueté 162 arbres, dont certains mesuraient plus de 25 mètres, avec 55000 m² de toile polyester et 23,1 km de corde. Pour cet emballage, ils ont utilisé un genre de voile d’hivernage traditionnellement employé au Japon pour protéger les arbres du froid et du gel. La toile translucide et la corde prises dans le vent créaient tout un jeu de contrastes changeants, faisant sans cesse surgir de nouvelles formes, surfaces et couleurs.

L’Art Conceptuel

Henry Flynt a dit « l’art conceptuel est un art dont le matériau est le concept »

Je trouve que cette citation explique clairement ce qu’est l’art conceptuel. En effet, l’art doit amener à penser et pas qu’à voir. Les artistes vont alors se mettre à réfléchir. Le concept devient un matériau, une matière première. Les oeuvres deviennent des illustrations d’idées. On peut prendre l’exemple de Sol Lewitt avec son oeuvre 5 Part Piece in Form of a Cross. L’oeuvre est l’illustration de l’idée : concevoir 5 cubes à partir de 4.

Finalement, l’art conceptuel est une méditation sur la définition de l’oeuvre d’art.

Exposition « Les sujets de l’abstraction » au Musée Fabre (Montpellier)

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J’ai eu l’occasion d’aller voir l’exposition « Les sujets de l’abstraction » au Musée Fabre à Montpellier. Lorsque le cours d’histoire de l’art s’est penché sur l’art informel, la plupart des artistes cités me sont revenus en tête.

Ces peintres cherchent avant tout à créer de façon plus libre, sans être contraints par un sujet. C’est aussi l’occasion pour eux d’explorer des techniques nouvelles. Le peintre français d’origine allemande Hans Hartung, (2ème image ci-dessus) par exemple, fait subir les pires outrages à ses toiles. Il griffe, gratte dans la peinture fraîche, crée des pinceaux à plusieurs «têtes» posées sur un même manche, peint avec des bouts de mousse… Il va même jusqu’à utiliser des tuyaux d’arrosage et des pistolets pulvérisateurs.

Pierre Soulages (3ème image ci-dessus) innove également. Avant de se rendre célèbre avec ses toiles entièrement recouvertes de noir, il s’est livré à de nombreuses expérimentations. Il emploie des outils de tous les domaines (menuiserie, apiculture,…). Quant à la peinture, elle est souvent remplacée par du brou de noix, un liquide brun alors plutôt utilisé en teinturerie ou en menuiserie pour colorer tissus et bois.

Le Bauhaus de Frank Whitford

Le Bauhaus

Ce livre raconte extrêmement bien la naissance de cette célèbre école d’art et de design fondée en Allemagne en 1919 et fermée par les nazis en 1933. Cette école a influencé l’art dans le monde entier. C’est une sorte de point de départ de la création de tout ce qui nous entoure : bâtiments, le graphisme des journaux, le dessin des appareils électriques et des meubles. De plus, ce livre nous décrit les méthodes d’enseignements propre à cette école.